Le Conseil provincial des personnes d’ascendance africaine du Nouveau-Brunswick a soumis un mémoire dans le cadre des consultations menées par le Comité permanent des langues officielles de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick relativement à la révision de la Loi sur les langues officielles.
Cette contribution s’inscrit dans le contexte de la deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine.
Notre démarche repose sur un esprit d’ouverture, de dialogue et de collaboration. Nous reconnaissons les avancées importantes réalisées au Nouveau-Brunswick en matière de protection et de promotion des droits linguistiques, ainsi que le rôle fondamental joué par la Loi sur les langues officielles dans la préservation de l’égalité entre les communautés linguistiques française et anglaise, principe unique au Canada et pierre angulaire de notre cohésion sociale.
Toutefois, les transformations démographiques, culturelles et sociales que connaît la province invitent aujourd’hui à enrichir la réflexion sur la manière dont cette égalité peut être vécue et exercée par l’ensemble des citoyens qui composent ces communautés linguistiques. Les communautés francophone et anglophone du Nouveau-Brunswick sont de plus en plus diversifiées et regroupent désormais des personnes issues de multiples horizons culturels, ethnoculturels et linguistiques, dont un nombre croissant de personnes d’ascendance africaine.
Dans cette perspective, si l’objectif demeure l’atteinte d’une égalité réelle entre les deux communautés linguistiques officielles, il apparaît pertinent de réfléchir aux mécanismes permettant de garantir que cette égalité bénéficie pleinement à toutes les personnes qui en font partie, sans distinction d’origine, de race ou de parcours migratoire.
Dans une société démocratique fondée sur les droits de la personne, la protection des minorités constitue un principe essentiel. Au Nouveau-Brunswick, cette responsabilité se traduit naturellement par la protection des droits linguistiques, mais elle appelle également à une réflexion continue sur l’inclusion, la représentation et la participation effective de toutes les composantes des communautés linguistiques reconnues.
L’approche proposée ne remet nullement en question l’architecture actuelle de la Loi sur les langues officielles. Elle vise plutôt à en renforcer la portée, la pertinence et le caractère inclusif afin qu’elle continue de répondre aux réalités contemporaines de la province. En reconnaissant davantage la diversité qui enrichit les communautés linguistiques officielles, le Nouveau-Brunswick peut consolider son modèle de bilinguisme, favoriser une plus grande cohésion sociale et faire progresser les principes d’égalité, de reconnaissance et de pleine participation pour toutes et tous.
Alexandre Cédric Doucet
Benoit Bourque
David Coon
Rob Weir
Government of New Brunswick / Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Commission canadienne des droits de la personne


